Hier soir sur La Télé, on a parlé d’inclusion au travail. Et c’était passionnant!
«La diversité, c’est être invité·e à une fête. Tandis que l’inclusion, c’est être invité·e à danser.»
Cette belle image n’est malheureusement pas de moi, mais de Vernā Myers, VP de la stratégie d’inclusion chez Netflix. Et je trouve qu’elle met le doigt sur un point très important. Beaucoup d’entreprises se flattent d’encourager la diversité. En engageant des femmes, des personnes représentant différentes ethnies ou genres. En les mettant en avant dans leur marketing.
Mais si ça s’arrête là, c’est un peu facile. C’est un bon début, mais ça reste superficiel. Il faut absolument inclure ces personnes de façon participative dans l’entreprise.
De beaux exemples en Suisse romande
Hier soir, j’ai eu le plaisir d’être invitée dans l’émission Entrepreneurs sur La Télé pour parler de ce sujet qui me tient à cœur. Et j’ai rencontré des personnes incroyablement talentueuses et engagées, qui œuvrent vraiment dans le bon sens.
👆 Voir l’émission Entrepreneurs du 15 février 2023
Messieurs.ch devient 23bis
Gabriel Saurer, cofondateur du studio créatif Messieurs.ch est venu témoigner de la réflexion collective qui a mené l’entreprise à changer son nom pour devenir 23bis. Il faut dire que les trois fondateurs du début, tous des hommes, ont été rejoints par une équipe beaucoup plus mélangée et que le nom ne fonctionnait plus vraiment. Mais c’est tout de même une décision courageuse et le fait qu’elle ait été prise en équipe en fait une très belle démarche. «Les entreprises doivent comprendre qu’en équipe, on est plus intelligents et on peut aller plus loin.»
Des décisions co-construites chez Assymba
Patrick Tundo, le fondateur d’Assymba, a rebondi sur cette thématique de la gouvernance Il a évoqué une question que les managers connaissent bien: qu’est-ce que je dis à mon équipe et qu’est-ce que je ne dis pas? Est-ce que je décide moi-même en tant que manager ou est-ce qu’on décide ensemble? Avec une franchise et une humilité assez désarmante, il a expliqué que souvent, il arrive avec une idée. Que cette idée est démontée par l’équipe. Et que tout le monde se met autour de la table pour l’améliorer. «Là où va l’entreprise, on y va tous. On doit donc se mettre d’accord sur ce qu’on va faire.»
Des secteurs entiers qui reposent sur l’inclusion
Ensuite, c’est Chantal Robin de la Chambre de commerce et d’industrie du canton de Fribourg qui a pris la parole. Elle a relevé que dans certains domaines, la cohésion de l’équipe est une question de vie ou de mort, comme sur les chantiers ou dans la santé. «Et qui travaille dans ces domaines-là? C’est des gens qui viennent de tous les pays environnants avec des ethnies, des couleurs et des cultures différentes. Ça doit être une richesse de travailler ensemble et non un obstacle, mais c’est pas facile à réussir.»
A tous les niveaux et vers l’extérieur
Je suis évidemment de son avis, j’ai vécu ça de l’intérieur. Mais il y a un point important sur lequel j’insiste: la diversité ne doit pas exister que dans les équipes de terrain. Elle doit se manifester à tous les niveaux, y compris (surtout?) au sein des instances dirigeantes. Il faut des minorités ethniques, des personnes non-genrées et même des femmes! Ça doit se voir jusqu’au conseil d’administration.
Et pas seulement. Pour que l’inclusion soit une réalité complète, elle doit aussi se vivre vers l’extérieur. L’entreprise doit collaborer avec des sociétés qui sont elles-mêmes inclusives. Dans ce domaine, le modèle c’est HP qui a mis en place un système au niveau de l’approvisionnement et des fournisseurs. Pour aller chercher des entreprises dirigées par des femmes, des personnes originaires d’Amérique latine ou afro-américaines.
Plus loin que le bout de son nez
Comme l’a relevé Nasrat Latif, qui animait l’émission, ça pose la question de la discrimination positive. A chercher à tout prix les business atypiques, est-ce qu’on ne prend pas le risque que la question des compétences passe au second plan? C’est quelque chose qu’on entend souvent, mais honnêtement ça m’énerve. Qui dit que la minorité est moins compétente? Qui dit que la femme est moins compétente? Je suis convaincue qu’on trouve tout autant de compétences dans ces entreprises différentes, il faut juste faire l’effort de sortir de nos habitudes et de notre réseau immédiat.
Par le passé, j’ai beaucoup fonctionné par mes relations et par habitude. Mais ensuite, j’ai pris conscience du problème que peut provoquer cette stratégie qui nous pousse à évoluer en vase clos. Et depuis, je prends le temps de chercher, d’aller plus loin pour trouver des compétences auprès de personnes différentes, que je ne connaissais pas. Ça facilite aussi l’empowerment, un autre aspect qui me tient à cœur.
Et vous, comment vous voyez l’inclusion?
Pour aller plus loin sur le sujet
https://about.netflix.com/fr/news/our-progress-on-inclusion-2021-update
https://about.netflix.com/fr/inclusion
https://www.beautiful.ai/presentations/netflix-pitch-deck
https://paulinelaigneau.com/182-hubert-joly-lentreprise-une-affaire-de-coeur/
Et aussi des livres passionnants
Patty McCord: Powerful: Building a Culture of Freedom and Responsibility
Vernā Myers: Moving Diversity Forward: How to Go From Well-Meaning to Well-Doing